Patrimoine

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Commentaire historique : Le patrimoine archéologique de Berrien est particulièrement riche, ce qui a valu à cette commune de bénéficier, avec cinq autres, de la première série de ZPPAU thématique archéologique initiée en 1985.


La présence humaine sur le territoire de Berrien est attestée dès le post-glaciaire par la découverte, lors de prospections au sol, d'industries lithiques en silex et roches diverses se rapportant pour certaines d'entre elles au Mésolithique, notamment dans les secteurs de Goassalec, Kermerrien, Kernevez et Niquelvez. Ces industries sont caractérisées par des pièces microlithiques, dont des trapèzes, qui servaient d'armatures de hampes de flèches à des groupes de chasseurs plus ou moins nomades.


Le menhir de Kerampeulven, de plus de 5 m de hauteur, est un des beaux mégalithes de la région. Il a été érigé auprès d'une source dans un vallon où l'érosion a dégagé de nombreux affleurements de granite et il est manifeste que ce menhir n'a pas connu de transport important mais a été prélevé sur place. La face d'arrachement est encore bien visible. Il est sans doute lié à un culte des eaux dont les premiers témoins remontent au Néolithique et s'est poursuivi ensuite. Il est donc difficile de dire si cette pierre a été érigée au Néolithique ou à l'âge de bronze en l'absence de toute fouille ou sondage. Les gravures que l'on voit sur la pierre représentant une maison, un personnage et un animal sont vraissemblablement l'oeuvre d'un "paotr saout" du XIXe siècle.


Il est également difficile de situer chronologiquement certaines structures mégalithiques comme celle connue sous le nom de dolmen de Pontaouen qui consiste en une table de couverture reposant sur deux piliers dans un talus et qui n'est de toute évidence qu'une partie d'un édifice plus important. A la lumière des fouilles de J. Briard, notamment sur le site de Juno-Bella (qui n'a rien à voir avec la belle Junon car il faut en effet comprendre "I" Yunou Pella"I/", les marais éloignés) où, à proximité immédiate d'un tumulus, se trouve un petit mégalithe dénué de couverture qui a livré un vase du Bronze moyen. Il s'agit en fait d'un coffre surélevé analogue à celui de Kroaz Pulviny.

 

L'inventaire des sépultures de l'âge du bronze de Berrien est le suivant : 


Brignou : Ar Zuliec, caveau de pierre sèche ayant livré un beau vase à quatre anses (Du Chatellier, 1897 ; Briard, 1984).
Coz-Castel : groupe de deux tumulus très arasés ; groupe de trois tumulus fouillés par P. Du Chatellier (Du Chatellier, 1897 ; Briard, 1984). 
Dans Parc-an-Ero-bihan, tumulus encore haut de 0,80 m et à Roudoudu, deux tumulus sans chambre ; ces trois derniers ont été fouillés par P. Du Chatellier.
Croaz-Stephan : groupe de trois tumulus arasés.
Croaz-Pulviny : grand coffre mégalithique effondré et deux tumulus.
Goarem-Goasven : groupe de quatre tumulus arasés et un tumulus isolé.
Goas-an-Hent-Cam : groupe de trois tumulus dont deux fouillés par P. Du Chatellier et un tumulus isolé.
Goasalec : groupe de six tumulus et un autre isolé fouillés par P. Du Chatellier.
Juno-Bella : groupe de cinq tumulus et coffre mégalithique
Keraden : tumulus arasé.
Kerbizien : un tumulus isolé fouillé par P. Du Chatellier et un groupe de cinq tumulus fouillés par Lukis
Kermaria : tumulus isolé fouillé par P. Du Chatellier.
Kernevez : tumulus isolé
Run-Toul : tumulus contenant un coffre à six dalles fouillé par P. Du Chatellier et caveau contenant un vase à quatre anses.
Ligolennec : tumulus fouillé par J. Briard contenant un vase à deux tétons.
Liorzou : tumulus très arasé.
Quinoualc'h : tumulus.
Park-an-Aour : tumulus anciennement fouillé.
Reuniou : beau tumulus fouillé par P. Du Chatellier, qui contenait un caveau ayant livré un vase à quatre anses, deux poignards en bronze, un collier de coquillages et un bois de cerf. Le défunt était recouvert d'un linceul de cuir.
Le Poullic : tumulus fouillé par P. Du Chatellier.
Reuniou-Morvan : groupe de six tumulus dont trois subsistent.
Sainte-Barbe : tumulus ayant livré un coffre contenant un squelette recroquevillé et autre coffre contenant aussi un squelette recroquevillé.
Tilibrennou : deux tumulus fouillé par P. Du Chatellier.
Trédudon-le-Moine : groupe de cinq tumulus et coffres dont un comportant une dalle à cupules fouillée par P. Du Chatellier.

 

"Berrien, terre de tumulus", ainsi s'exprimait Jacques Briard qui, après Paul du Chatellier et J.-W. Lukis, en fouilla plusieurs.
Il ressort de ces investigations que la population de cette partie des Monts d'Arrée devait être assez abondante au Bronze moyen, mais la qualité et la quantité du mobilier recueilli lors des fouilles montrent que le niveau social ne devait pas être très élevé. La qualité des terres laisse aussi penser que cette population devait être davantage celle de pasteurs tournés vers l'élevage plus que vers l'agriculture.
Les fouilles réalisées ces dernières années sous la direction de M. Batt ont révélé la présence d'un habitat du second âge du fer sur le site du Goënidou. Un second site est bien connu par la fouille d'un souterrain comportant au moins trois salles, en liaison avec une ferme indigène de la même période, découvert lors de l'exploitation d'une carrière à Kernevez (Moullec, 1983). A ce dernier souterrain s'ajoute celui de Groaspern signalé en 1925 par le commandant Morel (Giot, 1968). Un autre habitat daté de la même époque est connu sous forme d'un enclos subrectangulaire à Goarem-Cosquer et l'enceinte circulaire du Moulin du Roy, comportant des substructions pourrait bien dater également de cette époque.


Deux stèles tronconiques de l'âge du fer matérialisaient, en surface, un cimetière, mais au moins une d'entre-elles fut réutilisée comme milliaire à l'époque gallo-romaine et se trouve en bordure d'une voie, à Kroaz-Pulviny. Plus tard, elle fut christianisée par gravure d'une croix et adjonction sommitale d'un crucifix. L'autre stèle orne aujourd'hui une pelouse à Keraden. C'est non loin de Quinoualc'h, à Lein-hent-Callac, près de la voie romaine venant de Carhaix (Vorgium) que fut mise au jour une élégante statuette en bronze d'un dieu Lare tenant un rhyton (Du Chatellier, 1987) tandis que le site du Goénidou était fréquenté à cette même époque et qu'y fut enfoui un petit trésor monétaire de 36 sesterces du IIIe siècle.


Au moyen-âge certains sites furent réoccupés comme l'enceinte de Coz-Castel. Un autre, après que l'occupation laténienne puis gallo-romaine eut été oubliée mais qu'un parcellaire ait survécu, fut créé, sans doute sous l'impulsion des cisterciens de l'abbaye du Relec. Ainsi naquit l'éphémère village aujourd'hui déserté du Goénidou, équivalent breton des "gaigneries" françaises, défrichements des XIIIe- XVe siècles dont les habitants vivaient sous le régime de la "Quévaise". Le hameau est constitué d'une série répétitive d'ensembles comprenant chacun trois édifices encadrant une cour dont une maison mixte et, un peu à l'écart, une dépendance.
Un autre village déserté a été repéré sur les hauteurs de Brignou, à Pen ar Roz et une enceinte carrée à Kernevez tandis qu' un enclos médiéval qui a livré de la poterie onctueuse a été arasé à Goarem Cosquer au nord du village du Vern.

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